Le super-typhon Hagibis fait au moins 30 morts au Japon

Le bilan du très puissant typhon ne cesse de s’alourdir, tandis que 31 000 soldats des Forces japonaises d’autodéfense ont été mobilisés pour les opérations de sauvetage.
Après le passage du super-typhon Hagibis, les Tokyoïtes se sont réveillés dimanche matin sous un ciel inhabituellement clair et limpide. Les vents et les pluies torrentielles de la veille avaient nettoyé toutes les particules fines dans l’air. Le bleu du ciel contraste pourtant avec le triste bilan de morts et de dégâts qui n’ont cessé de s’alourdir durant toute la journée de dimanche. Selon un bilan encore provisoire, le typhon a fait au moins 30 morts et 177 blessés, sans compter les 15 personnes qui sont encore portées disparues. Des crues provoquées par la violence du typhon ont rompu des digues dans une vingtaine d’endroits dans la partie centrale et la partie est du pays. Au nord-ouest de Tokyo, la montée des eaux de la rivière Chikuma a submergé des quartiers résidentiels. Selon l’Agence de gestion des feux et des catastrophes naturelles, plus de 230 000 personnes sont toujours contraintes de rester dans des centres d’évacuation, et au moins 900 personnes attendent les secours dans des lieux isolés par les inondations ou éboulements. Quant aux opérateurs d’électricité, ils recensent au moins 140 000 cas de coupures de courant dans l’ensemble des régions frappées par Hagibis.

31 000 soldats mobilisés
Face à cette situation, le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, a tenu dimanche matin une réunion ministérielle d’urgence pour annoncer la création d’un quartier général spécial, afin de «mener des opérations de sauvetage en mettant la priorité absolue à la vie humaine». Les Forces japonaises d’autodéfense (FJA) ont mobilisé 31 000 soldats pour secourir les personnes isolées avec 130 avions et 8 navires militaires.

D’une puissance historique, le typhon Hagibis a fait tomber des pluies d’une intensité «jamais connue par le passé», selon le mot de l’Agence météorologique japonaise (JMA). A Hakone, ville située à l’ouest de Tokyo, il est tombé de fait 922 mm de pluies en vingt-quatre heures dans la journée de samedi, établissant un record historique du pays. Dans la ville de Kawagoe, à 35 km au nord-ouest de Tokyo, où une digue de la rivière Oppe a rompu, les eaux boueuses ont complètement cerné une maison de retraite. Plus de 200 personnes, résidents et aides-soignants, attendent les secours à l’étage du bâtiment.

Déchets radioactifs
«Cet endroit a déjà été inondé comme ça par le passé, donc j’étais très inquiet de voir le typhon s’approcher, a raconté à la NHK, chaîne de télévision publique japonaise, un homme dont la mère de 90 ans venait d’être secourue. On m’a dit qu’ils allaient évacuer les résidents par bateau, donc je suis venu tout de suite pour venir en aide.» La puissance de Hagibis a littéralement balayé les côtes de la région de Fukushima, emportant des sacs de terre contaminée stockés dans un centre des déchets radioactifs. Selon le quotidien Asashi Shimbun, au moins six d’entre eux se sont retrouvés dans la rivière Furumichi. Les autorités locales ont réussi à les récupérer, mais les effets sur l’environnement de cet incident restent inconnus à ce stade. En revanche, dans la centrale de Fukushima Daiichi, aucune anomalie majeure n’a été signalée, toujours selon la NHK. Une seule relative bonne nouvelle pouvait être entendue hier : les principales lignes de train, dont celle reliant Tokyo et Osaka, ont été rétablies, même si de nombreux trains locaux sont toujours à l’arrêt. Quant au match de la Coupe du monde de rugby entre le Japon et l’Ecosse, il a pu avoir lieu comme prévu dimanche soir à Yokohama.

Si le pays n’a pas pu éviter de tels dégâts alors qu’il est doté de technologies et d’infrastructures très poussées en matière de prévention des catastrophes naturelles, c’est que «l’intensité des pluies a dépassé largement les prévisions», selon Hiroyasu Yasuda de l’université de Niigata, cité par un quotidien local. En effet, sous l’effet du changement climatique, la puissance des typhons ne cesse d’augmenter année après année. «Cette puissance dépasse désormais les capacités des infrastructures de protection conçues à partir des données datant du XXe siècle, ce qui ne correspond plus à la réalité», explique-t-il. Pour mieux se parer aux désastres naturels à venir, «il faut donc revoir les normes de sécurité et raffiner les prévisions aussi tôt que possible», avertit Yasuda.

source: Liberation.fr

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